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Équations Différentielles

Je prends une équation diff et ce qui m’aide à avoir l’unicité de ma solution c’est le fait que je me suis donné une condition initiale, qui est très importante : sans elle y’a pas l’unicité. Et si on considère maintenant un problème de Cauchy (une équation diff avec une donnée initiale)

{y=f(t,y(t)),y(t0)=y0,\begin{cases} y' = f(t, y(t)), \\ y(t_0) = y_0, \end{cases}

alors si ff est continue sur (I×U)(I\times U) et localement lipschitzienne en la seconde variable (ll2v), on parle du théorème de Cauchy-Lipschitz, et il existe une unique solution notée yC1(I)y \in C^1(I).

Prenons les équations diff naturelles qu’on a l’habitude, juste une et observons : y=yy' = y

Alors comme fC1(R)f \in C^1(\mathbb{R}), l’équation y=yKR, xR, y(x)=Kexy' = y \quad \Longleftrightarrow \quad \exists K \in \mathbb{R},\ \forall x \in \mathbb{R},\ y(x)=Ke^x

Et ça fait en énonçant le théorème.


Théorème de Cauchy-Lipschitz

Soit URnU\subset \mathbb{R}^n un ouvert de Rn\mathbb{R}^n et soit II un intervalle non vide de R\mathbb{R}. Soit fC0(I×U,Rn)f\in C^0(I\times U,\mathbb{R}^n). On suppose que ff est localement lipschitzienne en la seconde variable. On fixe t0It_0\in I et x0Ux_0\in U. Alors il existe δ>0\delta>0 et xC1((t0δ,t0+δ)I, U)x\in C^1\big( (t_0-\delta,t_0+\delta)\cap I,\ U \big) tels que

{x(t)=f(t,x(t))dans (t0δ,t0+δ)I,x(t0)=x0.\begin{cases} x'(t)=f(t, x(t)) & \text{dans } (t_0-\delta,t_0+\delta)\cap I,\\ x(t_0)=x_0. \end{cases}

De plus, une telle solution est unique.

Ce théorème est très utile du moment que les hypothèses sont vérifiées : on a l’existence et l’unicité de la solution. De plus, ça va très loin et nous aide à obtenir la maximalité de la solution sur l’intervalle II. Si jamais notre II est égale à R\mathbb{R}, alors là on dit que la solution est globale.

Ceci dit, vérifier des hypothèses nous montrent qu’il existe des fonctions qui n’en vérifient pas du tout. Prenons l’équation diff : y=2yy' = 2\sqrt{|y|}

Une équation diff comme les autres, mais elle a une particularité : avec la fonction f(x,y)=2yf(x, y) = 2\sqrt{|y|} qui est bien entendue continue mais pas C1(R×R)C^1(\mathbb{R}\times\mathbb{R}), elle n’est pas localement lipschitzienne car pas dérivable. Une fonction qui n’est pas globalement lipschitzienne n’est pas localement lipschtzienne. Cela implique que la théorie de Cauchy-Lipschitz ne s’applique pas, ainsi il faut trouver un autre moyen pour résoudre ce problème.

Supposons que yy est strictement positif, cela donne que (y)=1(\sqrt{y})' = 1, on intègre de gauche à droite et on trouve qu’il existe un kRk \in \mathbb{R} tel que y=xk\sqrt{y} = x - k. Cela nous impose que xkx - k soit positif car la racine carrée d’un nombre est toujours positive et donc x[k,+[x \in [k, + \infty[.

Voici une première solution : y(x)=(xk)2 si x[k,+[ et nulle sinony(x) = (x - k)^2 \text{ si } x \in [k, + \infty[ \text{ et nulle sinon}

Soit y<0y < 0, cela donne encore une deuxième solution : y(x)=(lx)2 si x[,l[ et nulle sinony(x) = -(l - x)^2 \text{ si } x \in [- \infty, l[ \text{ et nulle sinon}

La troisième solution : supposons que yy s’annule quelque part sur II, donc il existe a,bRa, b \in \mathbb{R} tel que aba \leq b et y(a)=0=y(b)y(a) = 0 = y(b). Ce qu’on fait là, c’est une étude qualitative qui consiste à faire des va-et-viens en prenant des informations sur yy' pour déduire des hypothèses sur yy et vice-versa.


Un autre exemple

Prendre : y=yy2y' = y - y^2

Si je choisis la fonction ff avec f:R2Rf : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} et f(t,y)=yy2f(t, y) = y - y^2. Comme ff est C1C^1, par le théorème des accroissements finis, ff est continue et lipschitzienne. Cela implique que les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz sont vérifiées, et donc il existe une unique solution yC1(I)y \in C^1(I) pour II inclus dans R\mathbb{R} d’intérieur non vide. La solution est maximale sur II.

Première étape

Si yy prend la valeur 0 quelque part sur II, alors yy est constante et on obtient une solution globale (définie sur R\mathbb{R}). Il est facile de démontrer ce résultat : soit en posant m(t)=1y(t)m(t) = 1 - y(-t), soit en utilisant le théorème de Cauchy-Lipschitz.

Deuxième étape

Supposons que yy ne s’annule jamais sur II, donc on peut diviser par y(1y)y(1-y) : yy(1y)=1\frac{y'}{y(1-y)} = 1

On utilise la décomposition en éléments simples : 1y(1y)=1y+11y\frac{1}{y(1-y)} = \frac{1}{y} + \frac{1}{1-y}

On obtient : yy+y1y=1\frac{y'}{y} + \frac{y'}{1-y} = 1

En intégrant on trouve : lnyln1y=t+C\ln|y| - \ln|1-y| = t + C

Soit : lny1y=t+C\ln\left|\frac{y}{1-y}\right| = t + C

D’où : y(t)=Ket1+Ket avec K=eCy(t) = \frac{Ke^t}{1 + Ke^t} \text{ avec } K = e^C

Comme solutions particulières on a y(t)=0y(t) = 0 et y(t)=1y(t) = 1 qui sont constantes sur R\mathbb{R}.

Pour les solutions non constantes :

  • Si K>0K > 0 : la solution tend vers 11 quand t+t \to +\infty et vers 00 quand tt \to -\infty
  • Si K<0K < 0 : la solution est négative ou supérieure à 11

Conclusion

Le théorème de Cauchy-Lipschitz nous garantit l’existence et l’unicité de la solution si les hypothèses sont vérifiées. Sans ces hypothèses, on peut avoir plusieurs solutions comme on l’a vu avec l’équation y=2yy' = 2\sqrt{|y|}.

L’analyse qualitative en faisant des va-et-viens entre yy' et yy aide à comprendre le comportement des solutions.