Équations Différentielles
Je prends une équation diff et ce qui m’aide à avoir l’unicité de ma solution c’est le fait que je me suis donné une condition initiale, qui est très importante : sans elle y’a pas l’unicité. Et si on considère maintenant un problème de Cauchy (une équation diff avec une donnée initiale)
alors si est continue sur et localement lipschitzienne en la seconde variable (ll2v), on parle du théorème de Cauchy-Lipschitz, et il existe une unique solution notée .
Prenons les équations diff naturelles qu’on a l’habitude, juste une et observons :
Alors comme , l’équation
Et ça fait en énonçant le théorème.
Théorème de Cauchy-Lipschitz
Soit un ouvert de et soit un intervalle non vide de . Soit . On suppose que est localement lipschitzienne en la seconde variable. On fixe et . Alors il existe et tels que
De plus, une telle solution est unique.
Ce théorème est très utile du moment que les hypothèses sont vérifiées : on a l’existence et l’unicité de la solution. De plus, ça va très loin et nous aide à obtenir la maximalité de la solution sur l’intervalle . Si jamais notre est égale à , alors là on dit que la solution est globale.
Ceci dit, vérifier des hypothèses nous montrent qu’il existe des fonctions qui n’en vérifient pas du tout. Prenons l’équation diff :
Une équation diff comme les autres, mais elle a une particularité : avec la fonction qui est bien entendue continue mais pas , elle n’est pas localement lipschitzienne car pas dérivable. Une fonction qui n’est pas globalement lipschitzienne n’est pas localement lipschtzienne. Cela implique que la théorie de Cauchy-Lipschitz ne s’applique pas, ainsi il faut trouver un autre moyen pour résoudre ce problème.
Supposons que est strictement positif, cela donne que , on intègre de gauche à droite et on trouve qu’il existe un tel que . Cela nous impose que soit positif car la racine carrée d’un nombre est toujours positive et donc .
Voici une première solution :
Soit , cela donne encore une deuxième solution :
La troisième solution : supposons que s’annule quelque part sur , donc il existe tel que et . Ce qu’on fait là, c’est une étude qualitative qui consiste à faire des va-et-viens en prenant des informations sur pour déduire des hypothèses sur et vice-versa.
Un autre exemple
Prendre :
Si je choisis la fonction avec et . Comme est , par le théorème des accroissements finis, est continue et lipschitzienne. Cela implique que les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz sont vérifiées, et donc il existe une unique solution pour inclus dans d’intérieur non vide. La solution est maximale sur .
Première étape
Si prend la valeur 0 quelque part sur , alors est constante et on obtient une solution globale (définie sur ). Il est facile de démontrer ce résultat : soit en posant , soit en utilisant le théorème de Cauchy-Lipschitz.
Deuxième étape
Supposons que ne s’annule jamais sur , donc on peut diviser par :
On utilise la décomposition en éléments simples :
On obtient :
En intégrant on trouve :
Soit :
D’où :
Comme solutions particulières on a et qui sont constantes sur .
Pour les solutions non constantes :
- Si : la solution tend vers quand et vers quand
- Si : la solution est négative ou supérieure à
Conclusion
Le théorème de Cauchy-Lipschitz nous garantit l’existence et l’unicité de la solution si les hypothèses sont vérifiées. Sans ces hypothèses, on peut avoir plusieurs solutions comme on l’a vu avec l’équation .
L’analyse qualitative en faisant des va-et-viens entre et aide à comprendre le comportement des solutions.